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Le Corenwijn
par Jean Joël Bonsens (Pays Bas)
Le « Corenwijn » est un produit typiquement hollandais. C’est un alcool de Lucas Bols dont les créateurs se sont installés à Amsterdam pour monter une distillerie en 1575, ce qui en ferait la plus ancienne au monde (c’était à côté de notre restaurant, à 100 mètres). D’après mes documents, la gamme a commencé à se distribuer un peu partout à partir de 1664.
Il est fait à base de malt à 51%, de blé, orge, maïs et seigle. Après ils rajoutent de l’alcool de grains, du sucre (20 g par litre), de la coriandre, du carvi (karwij en hollandais) de «l’herbe de la Saint-Jean» (mais je ne sais pas ce que c’est), d’autres choses aussi, mais évidemment, c’est un secret. On peut reconnaître des goûts de cannelle, de vanille, de cacao, quelques fruits...
C’est distillé trois fois puis élevé en fûts de chêne, cela donne un alcool légèrement coloré, un peu doré. Ils ont plusieurs «millésimes», comme le vieux, l’extra. Mais au minimum c’est deux années d’élevage. La marque Bols est devenue très importante, elle fait de l’industriel, mais le Corenwijn est fabriqué traditionnellement, il garde un petit côté authentique. Il est produit en Hollande et aussi en Belgique.
L’alcool est présenté dans une bouteille en grès et cachetée à la cire, elle est assez jolie, c’est sympa.
Aux Pays Bas, beaucoup de personnes le boivent à l’apéritif, au comptoir. Il est servi très frais (nous, on le met au congélateur) dans un verre à tulipe de 4 cl rempli à ras bord (il faut se baisser pour boire la première goutte).
De 35 à 40° d’alcool, évidemment, c’est plutôt bu par des personnes âgées, mais comme c’est légèrement sucré cela ne le rend pas aussi «costaud» qu’une vodka, et les femmes se prêtent à la dégustation.
L’accord typique, c’est de l’accompagner avec du hareng frais (moi j’adore le hareng frais, cela me fait penser au foie gras de la mer). Chez «Christophe» on le sert toujours à l’apéritif, avec de petits toasts de rillettes de maquereau avec un peu de cumin et de ciboulette.
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